Catherine Blons-Pierreauditrice double profil
Quelles sont les spécificités d’un auditeur « double profil » ?
Être auditeur « double profil » signifie être capable d’évaluer un centre de langue à la fois avec le regard de l’auditeur senior et avec celui de l’auditeur en second mais en occupant soit la fonction de l’auditeur senior soit celle de l’auditeur en second. Il ne s’agit pas de faire un audit tout seul, les regards croisés sont, en effet, un gage d’objectivité et de qualité. Concrètement, un auditeur « double profil » doit réunir les compétences et l’expérience professionnelle lui permettant d’évaluer l’accueil, l’enseignement du français langue étrangère, la politique des ressources humaines, les locaux et la gestion d’un centre de langue.
Comment devient-on auditeur « double profil » ?
Le parcours professionnel, les compétences et diplômes jouent un rôle indéniable dans l’obtention de cette qualification. Pour ma part, je possède une double formation en lettres et en didactique du français langue étrangère au niveau doctoral, j’ai enseigné le français langue étrangère à tous les niveaux du Cadre européen commun de référence pour les langues, à des publics variés et dans des situations d’apprentissage multiples avant de diriger des structures dont la mission était l’enseignement du français langue étrangère (FLE). Actuellement, j’exerce des fonctions d’expertise en évaluation et en didactique du FLE, je suis également formatrice de formateurs et je dirige un centre de langues universitaire.
Quelles sont les principales qualités d’un auditeur double profil ?
- une pluri-compétence qui lui permet d’avoir une vision synthétique du centre audité ;
- une expérience qui lui facilite la compréhension des situations complexes et des points de vue susceptibles de différer, selon que l’on se place du côté des enseignants ou du côté de la direction.
Suivant les vagues de recrutement et les disponibilités de chacun, les auditeurs sont amenés à quitter le dispositif de labellisation ou à y rentrer. Pour ma part, j’ai fait partie de la première vague de recrutement et je suis toujours dans le dispositif comme un certain nombre d’auditeurs à simple ou double profil. Cela signifie, d’une part, que les centres audités et le CIEP reconnaissent notre expertise et que, d’autre part, cette mission d’évaluation des centres de langue continue à nous passionner. Il est vrai que le dispositif a su évoluer tout en gardant cohérence, validité et fiabilité.
Que recommanderiez-vous à un centre qui se prépare à un audit ?
Tout d’abord l’honnêteté et la transparence aussi bien au niveau de son autoévaluation que lors de la mission d’audit sur site. L’auditeur, quel qu’il soit, a un don de double vue. Par conséquent, cela ne sert à rien de tenter de dissimuler ou de faire écran. Les auditeurs ne sont pas là pour juger mais pour évaluer.
L’audit est un événement important dans la vie d’un centre de langue. Il a pour objectif de permettre aux différents acteurs de ce centre de prendre conscience de leurs points forts et de leurs faiblesses dans une perspective de progrès, inscrite dans une démarche qualité.
Je n’ai encore jamais rencontré le centre de langue parfait mais je sais, comme la plupart d’entre vous, à quoi il ressemble. Et c’est vers cet idéal que nous nous engageons tous lorsque nous travaillons à améliorer la qualité des centres de FLE, qui assurent la promotion de la langue et de la culture françaises, en France et partout dans le monde.